Rija,
faisant partie de l'équipe du 4 Av. Raphaël, Paris, dérangeait
beaucoup depuis son entrée au gouvernement de transition en
tant que Dir-Cab du ministère de l'énergie et des mines. Il
incarnait la jeunesse, l'Intellectualisme et surtout le futur.
Très proche du Pdt de
la HAT
, il fallait s'en débarrasser et vite, car il risque de faire
capoter certains plans.
« Mes
relations avec le Président de
la HAT
gênent certains »
Parce
qu'il a de surcroît le même patronyme que le président de
la HAT
, le président de TGV Europe, Rija Rajoelina, n'a pas que des
amis. Y compris au sein du régime de transition. Interview.
Midi : Pourquoi toutes
ces attaques contre votre personne ?
Rija Rajoelina : «
Je pense que mes relations professionnelles et amicales avec
le Président de
la HAT
gênent certains. Dans le monde politique, et surtout à
Madagascar, à partir du moment où vous êtes proche du Président,
la jalousie, les attaques en règle, voire les agressions
physiques, fusent de partout. Et ce, dans le but d’atteindre
le Président, de détruire les gens qui l’entourent et de
faire en sorte qu’il échoue dans sa mission. Mais vous
savez, nous sommes là pour redresser le pays, pour amener une
nouvelle politique avec le respect de la démocratie, de l’éthique
politique, des droits de l’Homme et de l’Etat de droit ».
Midi : Quels sont vos
rapports avec le Président de
la HAT
?
R.R. : «
Le Président est mon meilleur ami. C’est un ami d’enfance
avec qui j’ai partagé plusieurs moments de la vie, de la
jeunesse. Le nom que je porte est depuis toujours le mien,
libre à ceux qui l’interprètent à leur manière. Mon
aventure politique avec le Président de
la HAT
ne date pas d’aujourd’hui, nous sommes ensemble depuis la
mairie d’Antananarivo. Ensemble nous avons œuvré pour
mettre en place l’association TGV que notre copain feu Bobo
dirigeait de son vivant, et TGV Europe que moi-même je dirige
jusqu’à présent. Ensemble nous avons parcouru le chemin de
la jeunesse, de la vie, et maintenant de la politique. Nous
sommes convaincus que le pays a besoin de sang neuf, de jeunes
capables de diriger et de mener à bien une nouvelle politique
qui redonnera à chaque Malgache sa dignité, sa valeur et sa
raison de vivre ».
Midi: Vous êtes aussi
auprès de certains ministères ?
R.R. : «
Vous savez, du moment qu’on parle de pouvoir, on parle inévitablement
d’argent, d’influence, de toutes sortes de lutte. Mais il
y a aussi et surtout des valeurs qu’on ne peut ignorer :
l’amitié, la fidélité, la droiture, le respect, la loyauté.
Je vais vous donner un exemple : j’ai pris le poste de
Directeur de cabinet du Ministère de l’Energie et des Mines
le 27 mai 2009 (date de la passation officielle avec
l’ancien Dircab.). La nomination a été faite dans les règles
et si nécessaire je peux vous en donner la copie, puisque
beaucoup en doutent. Poste que j’ai quitté le 22 Juin 2009,
suite aux attaques en règle de la part de certaine maffia qui
a réussi à s’immiscer au sein de
la HAT
et dont je réserve l'identité à la justice. Vous savez, le
Ministre m’a demandé d’être son Dircab en pensant que je
pourrais peut-être cautionner certains actes d'une équipe
bien rodée depuis près de plus de 20 ans. Des actes qui
consisteraient à faire du racket, à chercher des
financements illégaux à des fins politiques, et à servir
les ambitions présidentielles de certains hommes politiques
qui ont déjà fait leur temps. Vous savez cette histoire
d’envoi d’une mission de cabinet à Antetezambato-
Ambaliha, commune Antsakoamanondro, district d’Ambanja, région
de Diana : je l’ai bien signé cet ordre de mission, suite
à la demande personnelle de M. Ramanantsoa Rodolphe.
Et de plus, c’est lui qui a donné l’ordre de nommer
Adolphe Ramasy au sein du cabinet, et en tant que responsable,
j’ai jugé que ce serait intéressant de demander à un
proche du Ministre de diriger cette mission. En tant que
Directeur de Cabinet, je n’ai fait qu’exécuter l’ordre
de mon supérieur hiérarchique. Vous êtes bien au courant de
la découverte d’un nouveau filon de grenat - vert à
Ambanja, dans le lieu précité. Afin d’éviter le cas d’Ilakaka,
nous avons décidé au sein du ministère de prendre les
devants. Nous avons mis en place une stratégie afin
d’harmoniser l’exploitation de ce gisement pour que tout
le monde soit gagnant : aussi bien la population locale, l’Etat,
les communes, les districts, la région et les exploitants
miniers (petits et grands). Vous savez, il ne faut pas que les
erreurs du passé reviennent, les choses doivent changer et
dans le bon sens. Résultat de cette enquête, nous avons pu
constater plusieurs irrégularités au sein de l’équipe sur
place pour la gestion de cette manne d’Antsahanandriana, à
savoir : la protection et la sécurité de la population, les
redevances prises par les autorités locales, le racket des
petits exploitants miniers, l’absence de contrôle des étrangers
(exploitants, acheteurs – exportateurs,…), l’abus de
pouvoir de certaines personnes, l’inexistence d’enquête
environnementale et ses conséquences. Nous avons mis en place
un système de régulation afin d’harmoniser tout cela.
Seulement, au fil de jours, certaines personnes ont vu leurs
propres intérêts menacés voire inquiétés car une manne
financière se profile, l’argent facile arrive. Donc, ils
ont décidé de braquer sur moi leurs armes parce que mon
intention d’appliquer une politique de gestion saine et de
libre concurrence avec une totale transparence décidée par
le Président de HAT ne les arrangeait pas. D’où les
attaques à mon endroit de la part de ces individus qui sont
de vrais prédateurs, j’ai leurs identités et toutes les
preuves sur leurs malversations au quotidien, il y a
parmi eux qui siègent dans les plus hautes sphères de l’Etat
».
Ce 13.07.2009 par Ravo sce midi.mg |