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Résultat médiation Joyandet: Reprise des négociations


     

           La France
ne tourne pas autour du pot et rentre directement dans le vif du sujet. Lors des rencontres d’hier dans la capitale, ses émissaires ont proposé et obtenu un retour des chefs des quatre mouvances autour d’une table ronde. Du moins ceux déjà consultés sont d’accord sur le principe, c’est-à-dire Didier Ratsiraka qui a été entendu à Paris avant le déplacement d’Antananarivo, puis Andry Rajoelina et Zafy Albert qui ont été contactés hier. On apprend que sur le chemin du retour ce jour vers Paris, les deux émissaires officiels français, Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Francophonie et André Parant, conseiller spécial aux affaires africaines de Nicolas Sarkozy, pourraient faire un crochet à Johannesbourg pour rencontrer Marc Ravalomanana. Ce dernier, déjà pressenti au téléphone n’aurait pas fait de difficultés sur la réalisation du projet.

Beaucoup de discrétion et peu d’informations, en tout cas, sur le séjour de ces deux personnalités françaises. Ce sont d’ailleurs celles-ci qui auraient demandé à ce qu’on fasse le moins de publicité sur leur voyage tananarivien. La raison en est simple : le développement des événements ces derniers mois a évolué vers une certaine francophobie chez les militants des trois mouvances. De crainte donc de provoquer des manifs houleuses autour de leur lieu de résidence et sur leur passage, les deux hauts fonctionnaires français ont souhaité le silence sur leurs déplacements dans la capitale. Il est vrai aussi que dans ce genre de médiation délicate, la discrétion est le principal gage de succès. Il reste que les communiqués officiels rapportant les activités des deux émissaires, de la part de la Présidence de la HAT comme de l’ambassade de France, n’ont guère de valeur informative. Ils rivalisent surtout d’adresse dans la langue de bois, c’est-à-dire dans ces longues phrases qui ne veulent rien dire. La seule personnalité qui se soit découverte est le Premier ministre Camille Vital qui, après avoir reconduits ses hôtes français, a fait la déclaration suivante sur le perron du palais de Mahazoarivo : « La France est prête à nous aider à sortir de la crise. Mon gouvernement oeuvrera dans ce sens ». Ce n’est pas à proprement parler du bavardage…

Le Groupe International de Contact et l’Union africaine semblant avoir baissé les bras, la France a pris le relais et a tout de suite engagé une opération percutante. L’Hexagone a décroché un trophée que l’on croyait inaccessible, notamment après ce Maputo II, boycotté par le camp Rajoelina et qui s’est terminé par une farce grotesque (l’interdiction de rentrer au pays prononcée contre les délégués des trois mouvances). En fait, apprend-on, les rencontres qui étaient à quatre, comme à Maputo et à Addis-Abeba, seront surtout à deux. Car la France , après avoir analysé la situation malgache, a dégagé la principale contradiction : l’opposition directe entre Andry Rajoelina, le « putschiste », et celui qu’il a renversé, Marc Ravalomanana. Lors des pourparlers donc, l’Hexagone s’attachera surtout à mettre face à face ces deux protagonistes de manière à éradiquer à la base les racines de la crise. Lors des négociations donc, il y aura des

« assemblées plénières » avec les quatre chefs de mouvance, mais il y aura aussi beaucoup de « réunions restreintes » mettant aux prises Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Comme ils ne feront que de la figuration ou seront relégués au rang de simples comparses, Didier Ratsiraka et Zafy Albert pourraient s’en offusquer. Mais avouons que le point de vue français est correct, car les deux forces politiques les plus agissantes du moment sont celles d’Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana. Si on s’en était rendu compte plus tôt, on aurait évité ces longues et pénibles séances de marchandage sur les postes de la transition. Les plus rapaces étaient en effet ces mouvances qui, dans l’affaire, n’étaient que des seconds couteaux.

Le lieu des négociations n’a pas été précisé. Ni la date, mais on peut deviner celle-ci : avant le 27 avril, journée lors de laquelle les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se réuniront au Luxembourg, et se pencheront sur la ratification des sanctions adoptées par l’Union africaine à l’endroit de Madagascar. Si suite à la signature de nouveaux accords malgacho-malgaches, Bruxelles décide d’épargner l’île, Paris pourra se poser en sauveur… Une précision néanmoins, la France sera absente de la table lors des négociations qui vont reprendre. Elle laissera la vedette aux habituels Joaquim Chissano, Tiébilé Dramé et autres Ablassé Ouedraogo. De cette manière, si les négociations aboutissent encore une fois à un échec, on pourra plus que jamais parler de série… noire.

Ce 01.04.10 par Francis

 

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