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Philibert Tsiranana, le 12 avril 1960,
revient de Paris où il a signé un accord
avec la France pour l'accession à l'indépendance
de Madagascar qui sera effective le 26 juin
1960.
Madagascar
est une île où l'on se déchire: les rois et
reines des temps malgaches, les puissances
coloniales et aujourd'hui, les présidents.
Une économie soumise aux investisseurs étrangers
et dont le développement reste mis à mal par
les forces de la nature: les cyclones.
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MADAGASCAR 1896-1996
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6 août 1896 : Madagascar est déclarée unilatéralement
par l'Assemblée nationale «colonie française
avec les îles en dépendant». Depuis
1883, les Français tentent d'imposer un
protectorat à la reine Ranalavano III. En
1885, ils réussissent à prendre en charge
les relations extérieures du royaume de
Madagascar. Le protectorat est reconnu
par les Anglais en 1890 mais est rejeté par
les Malgaches. Les troupes françaises
occupent le centre du pays. En janvier
1896, la France fait signer à la reine
Ranalavano III, la cession de
Madagascar. Des révoltes éclatent dans l'île.
Les insurgés infligent de lourdes pertes à
l'armée française. Le général Gallieni débarque
en août 1896 et conduit la «pacification»
de l'île (100 000 morts). Il fait
office de gouverneur jusqu'en 1905. Le 28 février
1897, la reine est arrêtée, exilée à
l'île de La Réunion puis en Algérie. Le
lendemain de son départ, la monarchie merina est
abolie par le pouvoir colonial.
29 mars 1947 : L'insurrection éclate dans la Grande Ile. Depuis 1913, des
mouvements nationalistes ont pris forme. La
colère gronde contre la francisation de
l'enseignement et le statut de l'indigénat. Au
début de la Seconde Guerre mondiale,
l'administration coloniale demeure fidèle au
gouvernement de Vichy. En 1942, les
Britanniques débarquent à Diego-Suarez et
occupent l'île puis la remettent à la France
libre sur l'insistance du général de Gaulle.
En 1946, avec la loi-cadre Defferre,
Madagascar devient un Territoire d'Outre-mer.
Mais les nationalistes en veulent plus. La
répression de la révolte est effroyable:
entre 90 000 et 100 000 morts, sans
compter les victimes des maladies contractées
dans les camps de regroupement. Le Mouvement démocratique
de la rénovation malgache (nationaliste), qui
avait remporté les premières élections générales
en janvier est dissous et ses dirigeants arrêtés.
26
juin 1960 : L'indépendance est proclamée.
Philibert Tsiranana est président depuis le
1er mai, date à laquelle il a été élu par
l'Assemblée malgache. Philippe Tsiranana a un
parcours très particulier. Issu d'un milieu
de notables ruraux, il a fait des études
d'instituteur en France avant de rentrer au
pays. Ephémère communiste aux débuts
de sa carrière politique, il milite au Parti
des déshérités de Madagascar et au sein de
multiples associations et syndicat avant de
fonder le parti social-démocrate en 1956.
Francophile, il milite pour l'union avec la
Communauté française. Madagascar répond
"oui" au référendum du 28
septembre 1958. Son premier geste, après
l'indépendance, est de ramener au pays trois
députés bannis en 1947, dont deux d'entre
eux rejoindront son gouvernement.
11 octobre 1972: Philibert Tsiranana démissionne. Dès
le début de son mandat, le président s'est
lancé dans une série de réformes
administratives et applique un plan de développement
économique de la Grande Ile. Il se veut
socialiste et humaniste et pratique
paradoxalement, un anti-communisme primaire.
Il restreint soigneusement les activités de
l'opposition politique. Les Français sont très
présents, à la fois militairement, avec la
base de Diego-Suarez, économiquement
-Madagascar fait partie de la zone franc-
administrativement et culturellement, ce que dénoncent
ses opposants. À partir de 1966, Philibert
Tsiranana, malade, s'absente du pouvoir, mais
ses retours successifs sont chaque fois un
tour de vis à la démocratie. Réélu en
janvier 1972 (avec 99,72% des voix), le président
est rapidement aux prises avec un mouvement de
grève des étudiants qui s'étend aux grandes
villes de l'île. La répression entraîne
des manifestations réprimées dans le sang.
Le 13 mai 1972, Philibert Tsiranana remet les
pleins pouvoirs au général Ramanantsoa. Une
décision entérinée par référendum le 8
octobre.
15
juin 1975 : Le capitaine de frégate Didier
Ratsiraka est désigné à la tête du Conseil
suprême de la révolution et chef de l'État
par un directoire militaire. Sa nomination
intervient après l'assassinat en février du
général Ratsimandrava, qui venait de succéder
au général Ramanantsoa. La loi martiale est
proclamée.
30
décembre 1975 : Les Malgaches approuvent par référendum
la constitution de la IIe République,
instituant la république démocratique de
Madagascar. Le nouveau régime s'affirme
résolument marxiste et établit des relations
privilégiés avec l'Union soviétique,
prenant résolument ses distances à l'égard
de la France.
17
septembre 1976 : La capitale Tananarive est rebaptisée
Antananarivo. C'est l'imposition du français
dans l'enseignement, l'alignement des examens
malgaches par rapport à la métropole (le
malgache est une épreuve de seconde langue étrangère
au baccalauréat) qui a contribué à échauffer
les esprits et provoqué les manifestations
des étudiants en 1972. Le nouveau
pouvoir veut satisfaire cette revendication et
impose le malgache comme langue
d'enseignement. Problème : il y a plusieurs
langues malgaches et c'est celle des
Hauts-plateaux, celle des mérine,
qui est choisie. Didier Ratsiraka revient
à l'enseignement en français dans sa période
de réorientation politique, en 1985.
10 août 1991 : La marche
de la Liberté, organisée par les
Forces Vives, un collectif de plusieurs
organisations de l'opposition, est réprimée
par les forces de l'ordre. Bilan :
138 morts et des centaines de blessés.
Les églises catholiques et protestantes très
influentes, ont très tôt dénoncé les dérives
du régime de Didier Ratsiraka. Economiquement,
l'île connaît à la fin des années 80 une
crise sans précédent (le niveau de vie a
diminué de 40%). Le pouvoir met en place
les potions amères des institutions
internationales. En 1987, des émeutes
sociales éclatent. Le gouvernement est obligé
de lâcher du lest : avec l'effondrement général
du bloc socialiste, le multipartisme est de
retour. En juillet 1991, un mot d'ordre de grève
générale est lancé par l'opposition pour
obtenir la réunion d'une conférence
nationale. Ils réclament l'abrogation de la
Constitution de 1975. Le gouvernement accepte
mais trop tard. Les Forces Vives occupent
les ministères. L'état d'urgence est décrété.
Le 10 août, 400 000 manifestants
marchent sur la résidence présidentielle. Le
31 octobre, un compromis sera trouvé
avec le gouvernement de Didier Ratsiraka sur
la gestion d'une période de transition.
19
août 1992 : Adoption par référendum de la
Constitution de la IVe république malgache. La
rupture est définitive avec le socialisme. Le
10 février 1993, Albert Zafy, candidat
des Forces Vives, remporte l'élection présidentielle
avec 66,7% des suffages. Didier Ratsiraka
qui était également candidat, obtient
33,26%.
29
décembre 1996 : Didier Ratsiraka est élu président
avec 50,71% des votes.
Trois mois plus tôt, Albert Zafy a été
destitué de ses fonctions. Dès le début de
son mandat, le président Albert Zafy ne
s'entend pas avec Francisque Ravony, le
Premier ministre élu par l'Assemblée. Il
obtient une réforme de la procédure de désignation
en septembre 1995: désormais le Premier
ministre est choisi par le président. Albert
Zafy nomme Emmanuel Rakotovahiny. Mais les
rapports avec le Parlement ne s'améliore pas
et pour marquer son mécontentement censure le
gouvernement d'Emmanuel Rakotovahiny, ce qui
conduit à la destitution d'Albert Zafy.
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MADAGASCAR 2001-2010
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29
avril 2002 : La Haute Cour constitutionnelle
proclame Marc
Ravalomanana président élu
avec 51,4% des voix, contre 35,9% à Didier
Ratsiraka, au premier tour de l'élection présidentielle
du 16 décembre 2001. Les résultats avaient
été contestés par Didier Ratsiraka qui prétendaient
avoir obtenu 40,61% des suffrages au premier
tour contre 46,44% en faveur de Marc
Ravalomanana. Ce qui obligeait à
organiser un second tour. Appelée à
trancher, la Haute Cour constitutionnelle (HCC),
surnommée «Habituée à Changer les Chiffres»
tarde à se décider. Les Malgaches
descendent dans la rue pour soutenir Marc
Ravalomanana, un self made man, homme
d'affaires, maire populaire de Antananarivo
qui bénéficie du soutien des églises. Marc
Ravalomanana s'auto-proclame président en
février 2002 et nomme un gouvernement le 4
mars. La confusion
règne. Les deux «présidents» se
retrouvent à Dakar en avril et trouvent uncompromis,
à l'arraché. Didier
Rastiraka quitte le pays. Les
États-Unis et la France reconnaissent la présidence
de Marc Ravalomanana, respectivement le 26
juin et le 3
juillet soit
un mois après l'investiture officielle. Marc
Ravalomanana sera réélu en 2006.
1er
janvier 2005 : L'ariary devient la seule unité monétaire
en vigueur. L'ariary était la monnaie en
usage aux temps des royaumes malgaches. Bien
que le franc français ait été imposé
en 1896 par les Français, l'ariary n'a jamais
disparu des échanges commerciaux à
Madagascar. La mention a figuré sur les pièces
et les billets du franc malgache (1960). Dès
août 2003, le gouvernement introduit la
nouvelle monnaie, présentée comme «outil
d'assainissement économique» et marque d'indépendance
nationale par Marc Ravalomanana. 2 753 ariary
= 1 euro. 1kg riz blanc = 1 400
ariary.
4
avril 2007 : Référendum
sur une réforme constitutionnelle qui
renforce les pouvoirs présidentiels, réorganise
les régions, affirme la laïcité de l'État
et introduit l'anglais comme 3e langue
officielle de Madagascar.
24
janvier 2009 : Le maire de Antananarivo, Andry
Rajoelina, élu en décembre 2008,
lance un appel à la grève générale contre
la «dictature» de Marc Ravalomanana. Les
manifestants se rassemblent et la situation dégénère
dans la capitale. Bilan de deux
jours d'émeutes: au moins 80
morts. On reproche à Marc Ravalomanana ses dérives
autoritaires et d'avoir confondu ses affaires
privées avec celle de l'État. La lutte entre
Andry Rajoelina et le président, a un air de
déjà-vu. Le maire demande la destitution du
chef de l'État qui le démet le lendemain de
ses fonctions de maire de Antananarivo. La
garde présidentielle tire sur les partisans
d'Andry Rajoelina. L'armée
se mutine et
demande l'ouverture de négociations pour une
sortie de crise. Le président Ravalomanana
remet ses pouvoirs à un directoire militaire
le 17 mars et s'exile en Afrique du Sud.
21
mars 2009 : Andry
Rajoelina devient président de la Haute
autorité de transition. Les
arrestations se succèdent à Madagascar
confirmant la prise de pouvoir «militaire».
Didier Ratsiraka revendique la présidence de
la Haute autorité et Marc Ravalomanana
annonce son retour. L'Union africaine puis la
Communauté de développement de l'Afrique
australe (SADC)exclut Madagascar.
Une série de rencontres entre Andry Raojelina,
Marc Ravalomanana, Albert Zafy et Didier
Ratsiraka à Maputo (août)
et à Addis
Abeba aboutit
à un accord de partage du pouvoir, mais
celui-ci est dénoncé en décembre 2009 par
Andry Raojelina. Le 17 mars 2010, l'Union
africaine décide de sanctions à l'égard de
Madagascar. Une nouvelle série de rencontres
à Pretoria
en avril ne
donne aucun résultat.
13 mai 2010 : Andry Raojelina annonce qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle
de novembre .
Une décision accueillie avec suspicion par
l'opposition malgache. Un référendum sur une
réforme constitutionnelle est prévu pour le
12 août.
Ce
15.07.10 par Maharavo source
rfi |