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Synthèse de la Conférence-débat du Président de la Haute Autorité de la Transition
Ambohitsorohitra – 14 avril 2010

Durant un tour d’horloge, le Président de la Haute Autorité de la Transition , SEM Andry Rajoelina, a fait le point de l’évolution de la situation politique à Madagascar et notamment du processus de sortie de crise. « Il n’y a pas un problème sans solution. Je crois que, ensemble, nous pouvons sortir le pays de la crise » a-t-il annoncé.

Selon le Président de la Haute Autorité de la Transition , la situation politique du pays a connu des multiples rebondissements. Il a notamment revenu sur la situation qui a prévalu au sein des Forces Armées malgaches. « La décision prise ne marque pas une volonté de mettre à l’écart un ministre. Dans tout gouvernement, la question de discipline existe et elle est importante. Nous avons eu connaissance que le Ministre des Forces Armées a voulu faire une déclaration. Ses intentions étaient sans doute de trouver des réelles solutions. Néanmoins, il devrait respecter la discipline » a précisé le Président Andry Rajoelina concernant le remplacement du Général Noël Rakotondrasana.

Le Président de la Haute Autorité de la Transition a avancé qu’en aucun cas, le départ de l’ancien ministre ne peut fragiliser le régime. Et de continuer que toutes décisions devraient aller dans le sens du changement voulu par les Malgaches. Certes, il n’a pas caché que certains éléments au sein de l’armée ont voulu prendre d’autres positions. Il a également avancé que des forces politiques tentent de soudoyer certains militaires. C’est une des raisons qui explique l’importance de la réunion qui s’est tenue lundi dernier au Palais d’Etat d’Iavoloha. « Je n’accepte jamais qu’on puisse utiliser la force pour prendre le pouvoir » a-t-il réitéré. Il a jugé cette rencontre comme positive dans la mesure où elle s’est déroulée dans la fraternité. « Je peux vous déclarer que l’armée reste unie malgré les tentations et les tentatives pour la diviser ».

Le Président de la Haute Autorité de la Transition , SEM Andry Rajoelina, a également infirmé les « rumeurs » selon lesquelles il voudrait confier le pouvoir aux militaires. Il a souligné que le contexte de 2009 est différent de celui du 2010. L’année dernière, l’armée a rallié le mouvement pour le changement volontaire quand elle a constaté que le régime voulait l’utiliser à seuls profits des dirigeants.

Concernant la dernière déclaration des commandements militaires, le Président de la Haute Autorité de la Transition a avoué que l’ultimatum de 48 heures constitue un point de désaccord. « Tout le monde peut avoir des points de vue différents. Mais, quand on a pu dialoguer, nous avons pu convenir que l’utilisation des forces n’est pas une solution. Nous ne sommes pas en Afrique où l’armée est utilisée pour prendre le pouvoir » a-t-il avancé. Le Président Andry Rajoelina a également exhorté les militaires à devenir la fierté nationale, de surcroît, en cette veille de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance nationale et celui de la création des Forces Armées.

En outre, il a précisé qu’il n’hésitera pas à prendre les décisions nécessaires quand il constatera qu’il n’y a plus aucune solution de sortie de crise. « L’armée est le dernier rempart de la Nation , a-t-il martelé. Mais ce moment n’est pas encore arrivé ».

Concernant la feuille de route permettant au pays de sortir de la crise, le Président de la Haute Autorité de la Transition a avancé que celle-ci a été définie lors de l’Atelier national de concertation « Teny Ifampierana ». Dans ce cadre, la Convention Nationale d’Ivato a défini un certain nombre de recommandations : mise en place de la CENI , promulgation d’un nouveau Code électoral, la formation de Gouvernement d’Union Nationale et, plus important, la durée de la période transitoire qui ne doit pas dépasser le 31 décembre 2010.

D’après le Président de la Haute Autorité de la Transition , les deux premières étapes ont été déjà franchies. Il a notamment mis l’accent sur l’importance de la formation de la commission électorale indépendante, une toute première durant les 50 années d’indépendance du pays. Et de poursuivre que toutes les procédures ont été prises pour qu’elles puissent vraiment organiser des consultations libres et transparentes.

C’est sur ce point que la formation du Gouvernement transitoire est importante. Celui-ci constitue un garant pour la transparence du scrutin, « afin qu’il n’y aura pas de pression sur la CENI  » a-t-il affirmé. D’ailleurs, c’est une des raisons qui nécessite le partage de responsabilité dans la gestion de la Transition. « Nous avons été toujours d’accord sur cette question » a affirmé le Président Andry Rajoelina.

Concernant encore cette feuille de route, le Président de la Haute Autorité de la Transition a précisé qu’elle a été définie après le constat d’échec de la médiation internationale. « Ils ne veulent pas l’avouer publiquement, même l’Union africaine a dû prendre les sanctions car elle veut défendre sa crédibilité. Néanmoins, la Communauté Internationale est consciente qu’elle a une part de responsabilité dans l’échec des accords politiques qu’on a signé. C’est pour cette raison que la France , en accord avec l’Afrique du Sud et la SADC a décidé de proposer une autre feuille de route » a-t-il indiqué.

Selon toujours le Président Andry Rajoelina, ce nouveau plan de sortie de crise prévoit des élections dans les plus brefs délais. « Il n’y a plus question ni de Maputo ni d’Addis-Abeba, maintenant la principale préoccupation est la mise en place de ce Gouvernement d’Union Nationale ». Après la proposition du Secrétaire d’Etat français à la Coopération , Alain Joyandet, de cette nouvelle feuille de route, le Président de la HAT Andry Rajoelina a envoyé une lettre au Président Sarkozy, dans laquelle il a confirmé son adhésion. D’ailleurs, l’ancien Chef d’Etat Marc Ravalomanana a également déjà donné son accord de principe. « Si une signature est nécessaire pour mieux confirmer cette entrée dans le Gouvernement d’Union Nationale de la mouvance Ravalomanana, on peut y procéder » a affirmé le Président Andry Rajoelina concernant l’éventualité de sa future rencontre avec l’ancien Chef d’Etat à Johannesburg.

Pour le cas des deux autres mouvances, le Président de la HAT a affirmé qu’elles ne seront pas écartées du Gouvernement d’Union Nationale et que des personnalités qui leur sont proches y siégeront et cela dans le cadre du respect de la convention nationale d’Ivato. « Nous devons clore la période transitoire, nous devons progresser vers l’organisation des élections. Nous devons tirer les leçons d’une année de crise. Je crois que les Malgaches ont la sagesse nécessaire pour progresser vers la IVème République  ».

Tout en appelant à la solidarité nationale, le Président de la Haute Autorité de la Transition a tenu à préciser que le temps n’est pas encore venu pour que l’ancien Chef d’Etat puisse retourner à Madagascar. Pour lui, il s’agit d’une question de justice. « Le contexte ne le permet pas encore » a-t-il explicité. Il a également infirmé l’idée selon laquelle dans la résolution de cette crise, certains groupes de population ne sont pas concernés. « L’idée de changement a été une aspiration nationale » a-t-il répondu à la question des journalistes.

L’autre question abordée a été celle de son probable candidature à la Magistrature Suprême. Le Président de la Haute Autorité de la Transition , SEMAndry Rajoelina, a précisé que le moment n’est pas encore venu pour s’y prononcer. Toutefois, il ne s’y refuse pas si cela est nécessaire. D’autant qu’il a avancé que beaucoup reste à faire à Madagascar. « Pour moi, avoir le pouvoir n’est pas une priorité » a-t-il avoué. Sa principale préoccupation est donc de sortir le pays de la crise et de gérer au mieux le pays.

Sur ce sujet, le Président de la HAT est conscient que certains hauts responsables ont perpétré des actes de mauvaise gouvernance, voire des détournements de biens publics. L’existence de tels actes est, d’après lui, prévisible notamment lors d’une Transition. Mais, il a avoué déjà pris les mesures nécessaires pour y remédier.

Concernant les questions liées à la Démocratie , le Président de la Haute Autorité de la Transition a affirmé que la liberté n’est plus un vain mot à Madagascar. Il a notamment rappelé que l’opposition peut manifester et que des journaux ont vu le jour, 13 au total, durant la Transition.

Enfin, le Président de la Haute Autorité de la Transition a clos sa conférence-débat en lançant un appel vibrant au peuple malgache. « Nous devons avoir la force car nous devons sortir le pays de cette crise. Si nous nous tenons la main ensemble, on peut sauver ce pays ».  

Ambohitsorohitra, le 14 avril 2010
Le service communication  de la Présidence de la HAT

 

 

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