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Un phénomène qui a tendance à se multiplier
dans l’île : des victimes sous l’emprise
d’une fureur noire se vengent et châtient
eux-mêmes le présumé coupable, en faisant
fi de l’action de la justice. C’est
exactement ce qui s’est passé le 8 juillet
dernier à Elonja, une localité sise dans la
commune de Morafeno, du district de
Befandriana-Nord, de la région Sava dans le
nord-ouest de Madagascar.
Il
était 9 heures ce matin-là lorsque Samarina,
une dame de 35 ans qui habitait à Manaroseza,
fokontany Amboronalina, commune de Morafeno a
été sauvagement assassinée dans un bois.
Avant même l’arrivée du médecin et des
gendarmes pour les constatations légales
d’usage, les membres de la famille de la défunte
ont découvert le nommé Ndrazana, 40 ans,
qu’ils soupçonnaient être le meurtrier.
Aveuglés par la fureur, ils se sont acharnés
sur ce dernier jusqu’à ce que mort
s’ensuive. Mais, les parents et amis de ce
dernier ont voulu à leur tour le venger, et
une bagarre rangée entre les deux camps a
avec peine été évitée de justesse. Chaque
partie a même parlé d’incendier le village
de l’adversaire. Il a fallu que le maire et
les gendarmes locaux descendent sur les lieux,
en présence d’un membre de Haute Autorité
de la Transition, le dénommé Parfait, pour
faire revenir le calme. Dix hommes soupçonnés
d’avoir abattu le présumé assassin de feue
Samarina sont hier encore en garde-à-vue à
la brigade de gendarmerie de Befandriana-Nord,
pour être enquêtés et déferrés par la
suite. Combien d’entre eux vont croupir de
longues années, pour quelques instants d’égarement
?
Qu’est-ce
qui pousse les gens à se faire justice eux-mêmes
? D’abord, un manque de confiance envers les
institutions chargées de faire exécuter les
lois et d’assurer la tranquillité publique.
En l’occurrence et dans le présent cas, la
gendarmerie ensuite la justice. Pourquoi ?
L’éloignement de ces dernières vis-à-vis
des justiciables n’est pas pour inciter ces
derniers à faire appel au service des premières.
Ensuite, la tentation de corruption en raison
justement de cet éloignement –le fameux
‘tany lavitr’andriana’- est si forte que
beaucoup y succombent. En fait, beaucoup reste
à faire dans notre si beau mais démuni pays.
Mais qui s’y attellera avec tout le
patriotisme voulu, et quand ?
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