|
Andry
Rajoelina lance des chantiers en parallèle aux négociations en vue
d'un accord avec les autres formations politiques.
Et vogue la galère. Andry Rajoelina, président de
la Haute
autorité de la transition (HAT), émet un signal fort de son
intention d'aller de l'avant, indépendamment des négociations
entre sa mouvance et celles des anciens présidents Albert Zafy,
Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana.

« Les affaires nationales continuent et n'attendent pas », a déclaré
Andry Rajoelina, hier, à Andrainarivo, à la fin de sa visite de
quelques chantiers dans la capitale. « Le régime de Transition
pense au développement, indépendamment des négociations »,
a-t-il continué.
Le président de
la HAT
a visité quelques quartiers pour « s'imprégner les réalités du
terrain ». C'est au cours de sa descente qu'il a annoncé plusieurs
mesures concrètes, pour justifier sa déclaration. Il a évoqué la
prise en charge par l'État de la reconstruction de l'Hôtel de
ville, dont l'achèvement est estimé pour l'année prochaine, et la
réhabilitation de certaines tronçons de routes comme celle d'Ampasika
ou celle d'Andrainarivo. Il a également promis l'assainissement de
la ville en donnant cinq jours pour l'enlèvement des ordures.
Affaire d'enfant
De par ces décisions,
Andry Rajoelina veut montrer son intention d'aller au bout de son
projet pendant
la Transition. Il
a même laissé entendre la nomination d'autres membres du
gouvernement, du moins celui du département des sports, en marge de
la conférence nationale des jeunes, à Mahamasina, hier matin.
Outre une offensive de charme à la population, le geste du président
de
la HAT
s'apparente à une pression sur les autres mouvances politiques. Les
initiatives ont été officialisées au moment des négociations, en
vue de l'adoption d'une charte pour
la Transition.
« Pour ceux qui veulent quitter les négociations, qu'ils le
fassent. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'il a des gens
qui claquent la porte. Je rappelle, seulement, qu'il ne s'agit pas
d'une affaire d'enfant mais celle de
la Nation
», a-t-il même prévenu.
Se sentant visée par la démarche de Andry Rajoelina, la mouvance
Ravalomanana, l'un des protagonistes de la crise politique de 2009,
réagit. Raharinaivo Andrianantoandro, porte-parole du Tiako i
Madagasikara (Tim), qualifie de « mauvaise volonté », les actions
du président de
la HAT.
« Il ne tient pas parole concernant les accords en début des négociations,
stipulant le gel des décisions politiques faisant partie des
discussions », a-t-il indiqué.
Malgré cela, Raharinaivo Andrianantoandro assure l'intention de sa
mouvance de « continuer le dialogue sur des tirs croisés ». Il
fait état des manifestations à Ankorondrano, de la participation
aux négociations à l'Hôtel Carlton et des actions de l'ancien
chef de l'État sur la scène internationale.
Ce 05.06.2009 Maharavo, sce lexpressmada
|