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Le régime de transition a évincé la présidente du Conseil d'État et installe l'ancien sénateur Max Ramilison à ce poste. 
Le gouvernement prend les devants. Il apporte un changement à la tête du Conseil d'État, l'une des institutions qui lui donne des tournis dans la gestion des dossiers sensibles ces derniers mois.
Noro Robinson Andriamarolahy n'est plus la présidente du Conseil d'État. Le décret abrogeant sa nomination a été adopté depuis quelques semaines, mais le gouvernement est resté discret sur le sujet. 

L'installation de son remplaçant, l'ancien vice-président du Sénat Max Ramilison, devrait se faire lundi.         
En l'espace de quatre mois, le gouvernement a pris deux décisions importantes concernant le Conseil d'État. En janvier, la présidence de la HAT a modifié certaines dispositions de l'ordonnance relative à l'organisation, aux attributions, au fonctionnement et à la procédure devant la Cour suprême et les trois Cours la composant. Le texte a été pris la veille de l'audience concernant le limogeage d'Eugène Mangalaza et la nomination de Camille Vital. Cette fois-ci, le gouvernement remplace la présidente de la Cour administrative.

          Les deux décisions ont été prises au moment où le Conseil d'État devient, malgré lui, au centre des dossiers politiques brûlants. Par coïncidence, le gouvernement a subi une série de cinglants revers devant la juridiction administrative suprême ces derniers temps. C'est le cas dans le dossier du maintien des ambassadeurs désignés par le précédent régime ou encore de l'annulation de la nomination du président de la Délégation spéciale de Manakara devant la Cour administrative.
Dysfonctionnements
La tension entre l'Exécutif et le Conseil d'État reste latente. Un responsable ministériel avait critiqué en public ce qu'il considère comme une lenteur de la part de la Cour administrative dans le traitement des dossiers lors de la rentrée judiciaire. Mais Noro Robinson Andriamarolahy a vite apporté une précision sur la mauvaise interprétation des statistiques.

          Max Ramilison aura ainsi fort à faire dans la réalisation de sa tâche dans ce contexte particulier. «Il en a les capacités. Il va dire le droit», a garanti Norbert Ratsirahonana, conseiller spécial du président de la Haute autorité de la transition (HAT) Andry Rajoelina.
Il se défend en même temps de toute tentative de contrôler le Conseil d'État. «Juridiquement, le gouvernement a le droit de remplacer à tout moment les hauts employés de l'État», a-t-il soutenu, évitant de se prononcer sur les raisons de la décision.

          Néanmoins, Norbert Ratsirahonana n'a pas pu s'empêcher de soulever quelques «dysfonctionnements» au sein de la Cour administrative pour justifier les décisions importantes. «En principe, le sursis à exécution constitue l'exception. Mais ces derniers temps, presque toutes les requêtes ont obtenu gain de cause. C'est le cas d'un sous-préfet, d'un maire, des ambassadeurs», a-t-il énuméré. «Il n'est pas possible de fonctionner ainsi. La machine administrative est bloquée», a-t-il indiqué.
Les mouvances anti-HAT ne sont pas d'accord avec la décision du gouvernement. «Cela rend perplexe», a regretté Emmanuel Rakotovahiny, chef de délégation de la mouvance Albert Zafy. «Les dernières initiatives, y compris le limogeage de la présidente du Conseil d'État, reflètent un désordre total. Celles-ci ne constituent pas la solution et ne changera rien», a-t-il conclu.

Ce 08.04.10 par Jenaba 

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