Après avoir été condamné par contumace à 5 ans
de prison pour remblayage illégal, Marc Ravaliomanana est
de nouveau sous le coup d'une nouvelle inculpation. Il est
notamment accusé d'usurpation de fonction.
En
réalité, le dossier d'accusation est en cours d'être
monté au sein de
la HAT qui n'a pas
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du tout toléré les incidents survenus le 29
mars à Ambohijatovo quand les partisans des trois
mouvances se sont manifestés pour perturber la commémoration
des évènements de 1947. Des dignitaires de
la Transition
interprètent les jets de projectiles, le saccage des
bouquets de fleurs déposés par les autorités et,
dit-on, le fait de se soulager au pied de la stèle, comme
une insulte à la centaine de milliers de Malgaches qui
ont péri.
Le
lendemain, ces membres de
la HAT
qui ne sont pourtant autres que des fervents supporteurs
de Marc Ravalomanana en 2002, étaient d'autant plus
scandalisés en voyant chez notre confrère "Midi
Madagasikara " un communiqué de l'ancien chef d'Etat
qui porte les sceaux de
la République.
Outre
l'usage de ces sceaux, le communiqué émane du
"Office of President " (bureau du président)
qui rapporte la déclaration de " The Président
" (le Président). C'est comme si les services de la
présidence de
la HAT
rapportaient les déclarations de Andry Rajoelina.
Bref,
la forme du communiqué indique expressément que Marc
Ravalomanana s'adresse à ses compatriotes en tant que président
de
la République
de Madagascar. Le 17 mars 2009, il a pourtant démissionné
de son propre chef. Le transfert de pouvoir aux militaires
puis à Andry Rajoelina restant à discussion, la démission
de Marc Ravalomanana est consommée. Et Niels Marquadt,
l'ambassadeur des Etats-Unis, en est témoin.
Ce
serait donc sur cette base que les anti-Ravalomanana préparent
une action judiciaire contre l'ancien président de
la République. Il
est vrai que ce dernier n'avait pas à continuer d'user de
ce titre. Qui plus est sur le fond, le communiqué sur le
29 mars ne pourrait convaincre après la scandaleuse déclaration
de 2005, lors de la visite de Jacques Chirac, quand Marc
Ravalomanana affirmait ne pouvoir émettre aucun
commentaire sur les évènements de 1947 parce qu'il n'était
pas encore né. Depuis et certainement demain encore,
cette déclaration est jugée comme une insulte aux
victimes des soulèvements populaires.
En
tout cas, Marc Ravalomanana a trouvé la maladresse de
donner une occasion de plus à ses détracteurs de le
descendre. D'ores et déjà, on fait le parallèle avec le
cas de Pierrot Rajaonarivelo dont la condamnation par
contumace à 5 ans de prison va certainement servir de
jurisprudence.
En
2005, l
'ancien vice-Premier ministre de Didier Ratsiraka était
accusé et condamné d'usurpation de fonction à la suite
des exonérations fiscales signées par son directeur de
cabinet en 2002 durant les temps forts de la crise post-électorale.
Durant cette période trouble et très difficile pour la
population en matière d'approvisionnement et de prix des
PPN, le directeur de cabinet a signé des exonérations
fiscales en vue d'alléger les effets de la crise. L'accusé
se voit infliger 4 ans de prison et son présumé complice
et patron 5 ans pour usurpation de fonction.
Depuis,
Marc Ravalomanana a tout fait pour éliminer Pierrot
Rajaonarivelo. Peu avant l'élection présidentielle de décembre
2006, l
'ancien président a même décrété l'interdiction de
l'atterrissage de tout avion, commercial ou privé, ayant
à son bord M. Rajaonarivelo.
Aujourd'hui,
des membres de
la HAT
qui craignent pourtant Pierrot Rajaonarivelo, veulent
rendre la pareille à Marc Ravalomanana. Celui-là même
qui joue son va-tout pour s'imposer. La dernière en date
est la lettre envoyée au ministre espagnol des Affaires
Etrangères qui accueille la réunion parlementaire
ACP-Europe. Dans cet appel, il ne rappelle que peu ou prou
aux sanctions et surtout, il s'adresse en tant qu'ancien
président de
la République
de Madagascar. Le cabinet anglais de relations publiques
"Pelham Bell Pottinger " qui se charge de sa
communication, , a certainement saisi la faute. Mais
n'est-ce pas trop tard ?
Ce
03.04.10 par Francis
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